the tremens archives | Sons et expériences

TA 03 The definitions – Tell me how it begins

Mp3 Flac Artwork/Pochette


Of all the projects I have been part of The definitions has been from the start the most problematic for me. It has obliged me to profoundly revise my artistic conceptions. We are gathering in October 2004 in Eguzon with the project to improvise, supported by the enthusiasm we already share among the Hiddentracks grouped around Angil and where I distill larsens of free electrons. Mickael and I are coming back from a concert in Nantes and we are about to record a tittle (?) of Teaser for matter’s side B: My time waiting. This session will be the occasion of much red wine drinking and of enjoying the house’s isolation from neighbors. From the start, Francis feels free to flood the living room with a strident and wild logorrhea, which will give this prolific weekend’s tone. If I was evoking earlier my circumspection, that’s because we could feel the artistic growth characteristic of these moments was escaping us: Flavien Girard allows himself more and more things and that moment will see him go beyond his simple use of bands in the Hiddentracks. Mickael seeks to set rules as Brian Eno sometimes does in his producer’s role, but we use them to better bypass them. Francis will not recognize, in the choice of bands I made the following Christmas, the atmosphere he remembered. As for me, it is the use of those improvisations that leaves me more than dubious.
When, a few months later, Flavien plays the beatbox on top of the mix I sent and Mickael newly practices hip hop besides what he already does on Matter, I am dismayed. This approach is meaningless to me. What I was omitting then was that this project does not follow the same direction my solo projects with Thomas Boudineau or J. L. Prades do. Rather, it’s a base for something else. But what?
The definitions is the name Mickael rapidly attributes to our formation. Years latter, I find it utterly pertinent. Back then, it was a snook-cocking to the overabundant use of the article THE in rock groups’ names as if this nominalization added quality. But if definition there is, it develops itself mostly through its protean and paradoxical character. It is also the result of our individualities’ convergence to start afresh and create our own cultural territory so as to make our own samples. I would not say it is a post-modern creation, but rather a pre-modern or pre-contemporary elaboration, a kind of reversal of the musical path we had been traveling those years. For all that, Tell me how it begins is not an a-cultural sound construction, but rather a confluence of jazz with a kind of free-rock in a musical language I believe is our own. Thus playing on this nostalgia of the future, the sleeve shows a record player about to play a vinyl. The tape recorder registers all the informations essential to identify the record.
The orientation these original bands were to be given has been much discussed, but it is high time we admitted that this oeuvre never belonged to us. Much in the same way, I have tried here to write an a posteriori description of my appraisal of the project, but even so, I can’t explain what happened at that time, a kind of “dream narrative” in reference to the dynamic of these improvisations.
Tell me how it begins originates as a real archive, turbulent and vivid, the first chapter of a volume yet to be “written”.

Gilles Deles (translation by Natacha Collomb)

De tous les projets auxquels j’ai participé The definitions est celui qui a été, d’emblée, le plus problématique pour moi, celui qui m’a obligé à revoir en profondeur mes conceptions artistiques. Nous nous réunissons en octobre 2004 à Eguzon dans le but d’improviser, avec l’enthousiasme que nous partageons déjà au sein des Hiddentracks, regroupés autour d’Angil, et où je distille des larsens d’electron libre. Nous revenons avec Mickael d’un concert à Nantes et nous nous apprêtons à enregistrer un des face B de Teaser for matter : My time Waiting. Cette session sera l’occasion de boire beaucoup de vin rouge et de profiter de l’isolement de la maison vis à vis du voisinage. D’entrée de jeu, Francis se sent libre d’inonder le salon d’une logorrhée stridente  et sauvage qui donnera le ton de ce week-end prolifique. Si j’évoquais plus haut ma circonspection c’est que nous sentions bien la croissance artistique qui se développe dans ces instants nous échapper : Flavien Girard s’autorise de plus en plus de choses et ce moment le verra dépasser son simple usage de bandes dans les Hidden tracks. Mickael cherche à fixer des règles comme peut le faire parfois Brian Eno dans son rôle de producteur mais, nous les utilisons pour mieux les contourner. Francis ne retrouvera pas, dans les choix des bandes que je ferai au Noël suivant, l’atmosphère qui lui reste en mémoire. Quant à moi c’est l’usage qui sera fait de ces improvisations qui me laisse plus que dubitatif.
Lorsque quelques mois plus tard, Flavien joue de la boîte à rythme sur le mix que j’ai envoyé, et que Mickael s’exerce nouvellement au Hip Hop, en plus de ce qu’il a déjà fait sur Matter, je suis consterné et je trouve cela profondément abominable. Pour moi, cette démarche n’a pas de sens. Ce que j’omettais alors c’est que ce projet n’emprunte pas la même direction que ce que j’ai pu faire en solo, avec Thomas Boudineau ou J.L Prades. Il est en fait une base pour autre chose. Mais quoi ?

The definitions est le nom que Mickael va rapidement attribuer à notre formation et je le trouve, des années après, plus que pertinent. A l’époque, il est un pieds de nez ironique à l’usage surabondant de l’article THE dans les noms de groupes rock comme si cette substantivation était un supplément qualitatif. Mais si definition il y a , c’est surtout par son caractère protéiforme et paradoxal qu’elle se déploie. Elle est aussi la convergence de nos individualités pour repartir de zéro et créer notre propre terrain culturel afin de faire nos propres samples. Il ne s’agit pas, à mon sens, d’une création post-moderne mais d’une élaboration pre-moderne ou pre-contemporaine, sorte d’envers de tout le parcours musical qui fut le notre dans ces années là. N’étant pas une construction sonore a-culturelle pour autant, tell me how it begins fait se rencontrer du jazz et une forme de free-rock mais dans une langue musicale dont je crois qu’elle nous est propre. Jouant ainsi sur cette nostalgie du futur, la pochette montre une platine qui est en devenir de jouer un vinyl. Le magnetophone à bande enregistre en son sein toutes les informations essentielles pour identifier le disque.

De nombreuses tergiversations ont eu lieu entre nous afin de donner des orientations à ces bandes originales, mais il est temps d’accepter que cette œuvre ne nous a jamais appartenu. De même, j’ai tenté d’écrire ici une description des constats a posteriori, que je fais sur ce projet, sans pour autant pouvoir  expliquer ce qui s’est produit à ce moment là, une sorte de « récit de rêve » mais rapporté à la dynamique de cette série d’improvisations.
Tell me how it begins voit donc le jour comme une réelle archive, turbulente et vivace, premier chapitre d’un volume à « écrire ».


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