the tremens archives | Sons et expériences

Manifeste

La turbulence désigne l’état d’un fluide, liquide ou gaz, dans lequel la vitesse présente en tout point un caractère tourbillonnaire : tourbillons dont la taille, la localisation et l’orientation varient constamment. Les écoulements turbulents se caractérisent donc par une apparence très désordonnée, un comportement difficilement prévisible et l’existence de nombreuses échelles spatiales et temporelles. De tels écoulements apparaissent lorsque la source d’énergie cinétique qui met le fluide en mouvement est relativement intense devant les forces de viscosité que le fluide oppose pour se déplacer. À l’inverse, on appelle laminaire le caractère d’un écoulement régulier. La découverte et l’étude des turbulences est très vieille, elle a été faite par Léonard de Vinci.

Définition de wikipedia

the Tremens Archives : We Are Unique Records referait-il une subdivision expérimentale longtemps après Hitomi Recordings ? Est-ce vraiment important de diviser les domaines quand on est, surtout, très difficilement capable de dire ce qu’est de la musique expérimentale. Il me semble qu’à bien des égards la musique « expérimentale » regroupe sous une entité commune des styles et des démarches potentiellement très divers, elle permet de reléguer dans une catégorie négative (pas péjorative mais par défaut) tout ce qui est difficilement écoutable en fonction des canons musicaux actuels.

En science, on vérifie par un procédé expérimental la récurrence de la validité d’une hypothèse théorique en maitrisant toutes les variables entrantes dans un système et en isolant un facteur que l’on fait varier. Peut on faire cela dans un processus musical ? Au niveau d’un instrument nous le pourrions effectivement, de même qu’on peut, par des procédés ingénieux, partir d’une simple sinusoïde et créer par le biais de filtres et de traitements sonores toute une gamme de sons inédits. Dès lors, doivent se poser les questions suivantes : quelle hypothèse artistique vérifie-t-on ? Est-ce encore de la musique ou du son, chose qui est une remarque spontanée du profane dubitatif ? Il faudrait aussi considérer qu’il existe des lois en art et particulièrement en musique, ce dont on peut douter très fortement. Le sujet est si vaste que ces quelques mots ne suffiront pas à l’épuiser, simplement il faut dire que la musique expérimentale est rarissime.

Ce que les musiciens, membres de plusieurs groupes sur Waur, ont essayé de faire c’est donner spontanément une consistance à leur désir d’improvisation, de défrichage et d’exploration. Nous pouvons intentionnellement dire ceci sans trop nous tromper. Mais l’improvisation, qui concerne les textures sonores et l’économie d’un jeu d’interactions improvisées, suffit-elle à dire qu’un style de musique est expérimental ? On peut surtout dire qu’il s’agit à chaque fois d’une expérience. Ces expériences ont des régularités mais pas de règle. Nous ne pourrons pas dire pourquoi nous avons fait les choses ainsi, mais seulement pourquoi il nous était difficilement possible de faire autrement. Nous les enfants de la classe moyenne à l’agonie, il nous reste l’intellect, le lyrisme et encore de l’audace qui servent à donner forme au chaos. Le seul critère qui permettrait de dire quelque chose de cette expérience et qui ne soit pas lié à l’esthétique de l’œuvre qui y est conçue, est de connaitre la part d’inconnu qu’elle a pu produire; les œuvres présentes ici en sont des traces sonores. La mémoire enregistrée nous donne l’opportunité de faire Une ces expériences pour lesquelles « on ne peut entrer deux fois dans le même fleuve ».

Les albums qui paraitront les mois prochains, témoignent de ce qui humainement a pu se faire et se penser, sortes de tableaux en mouvement qui translatent ces nœuds et ces turbulences. Nous espérons que leur écoute constituera une expérience en elle même.

Gilles Deles

Photo par Leïla Bergougnoux

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